Document:activité des informaticiens

Une définition du Jargon Français.
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Tentative d'éclairage de ce que fait un informaticien, un projet, un service informatique...

Étapes de travaux de réalisation

Une réalisation, par exemple la création ou l'amélioration d'un logiciel ou d'un dispositif tel qu'un réseau, est théoriquement menée en trois étapes:

  • les études, dans le sens de «travail préparatoire». C'est aussi, parfois, le nom du service ou de l'équipe chargé de cela: ceux qui cogitent afin de mieux déterminer ce qu'il serait nécessaire ou souhaitable de faire et en éclairent des modalités (pourquoi, quoi et comment, par qui, selon quelles priorités...).
  • le développement de logiciel ou de matériel. Il s'agit de donner corps à la réalisation. Cela relève traditionnellement des études mais de nombreux projets l'en distinguent afin de mieux gérer cette étape car elle nécessite un effort coûteux, est risquée et sa probabilité de succès augmente avec l'implication de tous (y compris des personnes chargées de l'exploitation). Cette évolution mène souvent l'équipe «développement» à mener des travaux semblables à ceux de l'équipe «études», en particulier durant les phases de conception, voire à l'absorber.
  • exploitation, ou production, grâce à laquelle le résultat est mis en œuvre (sûr, disponible donc fiable et robustesse, performant, ...). L'adéquation des travaux préalables à l'exploitation détermine certaines de ces qualités (aucun exploitant ne sait à faible coût rendre disponible une réalisation criblée de bugs), donc l'exploitant-type a souvent l'impression de «porter le chapeau».

Des sous-étapes existent.

C'est la vision traditionnelle, bousculée par les méthodes agiles.

Sur le terrain

De nombreuses entreprises s'en remettent, en pratique et de façon plus ou moins patente, à quelques fournisseurs qui sont alors généralement des leaders du marché. L'infogérance est la forme la plus aboutie. Le client espère que la majorité a choisi ces fournisseurs et ne se trompe vraisemblablement pas complètement. Si c'est le cas on ne me reprochera moins d'avoir choisi des offres reconnues que des trucs nouveaux ou minoritaires. Il devient ainsi, à terme, un otage donc une vache à lait et ne maîtrise pas son informatique donc ne pourra guère en faire un instrument de sa compétitivité puisqu'il est contraint d'employer des logiciels semblables à ceux que ses concurrents utilisent.

Jusqu'aux années 1980 chaque entreprise développait le plus gros voire toutes ses applications, à présent quasi toutes sont des produits achetés à des maisons d'édition, en particulier des progiciels. Par ailleurs des SSII tentent de s'occuper aussi des études, entre autres parce qu'elles façonnent ainsi les cahiers des charges donc leurs futurs ordres de mission. L'importance relative de l'équipe «étude» a par conséquent décru, même si l'avènement du Web puis du mobile dopent les développements à façon.

L'astuce, pour un fournisseur, consiste à être d'autant plus gourmand que le coût du ticket de sortie est élevé, et à faire périodiquement payer chacun de ses nombreux clients (cela rappelle le saucissonnage). À terme certains s'installent dans cette rente et deviennent vulnérables car négligent leur clientèle ou l'évolution du marché/des savoirs.

L'astuce, côté client, consiste à ménager sa capacité à toujours choisir librement, donc à aiguiser la concurrence entre ses fournisseurs et à augmenter l'interopérabilité des systèmes.

Familles de techniques

Les familles classiques de techniques mises en œuvre sont:

  1. «système et réseau», parfois résumés par «administration» (qui constitue le gros des compétences des personnes chargées de l'exploitation)
  2. développement
  3. base de données

Ces familles ne sont pas mutuellement exclusives (orthogonales) et l'informaticien-type en maîtrise au moins une et connaît relativement bien deux autres. Quelqu'un qui développe un SGBDR, par exemple, doit bien maîtriser au moins le système, le développement et le réseau.

Le réseau s'enrichit vite, notamment depuis l'avènement de l'Internet et à mesure que sa frontière avec ce que l'on entendait traditionnellement par «télécoms» s'estompe, et devient en pratique une famille à part entière.

Des spécialités plus ou moins transverses existent, par exemple la sécurité, ou correspondent à un domaine d'application, par exemple le jeu vidéo. La plupart relèvent surtout du développement.

Mission du prestataire

Un travail commandé à un prestataire (sa «mission») peut être mené selon deux modes, ou conditions d'exécution:

  • «au forfait» (ou «de façon forfaitaire»), donc avec un engagement quant au résultat. Client et fournisseur conviennent au préalable, à tout le moins, de ce qui sera livré (souvent défini par un cahier des charges voire par un protocole de recette), quand et du prix.
  • «en régie». Le prestataire s'engage à mettre à disposition du client une compétence donnée (par exemple «un spécialiste de tel bidule technique») durant un intervalle de temps donné. On entend et lit de moins en moins souvent le terme «régie» qui, pour des raisons relevant du droit du travail et du droit commercial (une part des missions en régie servant à contourner le droit du travail), laisse place à «délégation de personnel» et «assistance technique». La notion de «centre de service» est une régie déguisée et astucieuse puisque le prestataire reste d'ordinaire dans les locaux de son employeur plutôt que dans ceux du client, donc reste discrètement corvéable.

Ces façons d'intervenir:

Confusions et amalgames

Compétences

L'écart entre les X de deux informaticiens choisis au hasard, même spécialistes d'une même famille de techniques, est souvent très supérieur à ce que l'on observe dans des domaines plus anciens donc mieux maîtrisés. Remplacer X par:

  • «compétences techniques»,
  • «zèle utile, donc capacité à essayer de résoudre au mieux de façon adéquate (réaliste, pérenne, performante...) le problème posé (et pas autre chose)»,
  • «aptitude à travailler en équipe».